Good Bye Lenin!, de Wolfgang Becker
sortie le 10.09.03


Maman Kerner est devenue un fervente militante communiste le jour où son mari est brutalement passé à l'Ouest. Le jour où elle aperçoit la réalité du régime, à travers la répression d'une manifestation pacifique à laquelle participe son fils Alex, elle craque. Infarctus, soigné trop tard. Coma. A son réveil, huit mois plus tard, la RDA a disparu, l'Allemagne est réunifiée. Réalité qu'Alex va d'emblée lui cacher, de peur d'une rechute, s'engageant dans une fuite en avant dans le mensonge.

Annoncé comme énorme succès populaire en Allemagne, avec une bande annonce matraquée des semaines durant qui reprenait en boucle ce qui restera sans doute comme le plus mauvais morceaux composé par Yann Tiersen, on a failli passer à côté de ce petit film finalement assez sympathique.
Ce n'est pas la comédie pataude envisagée. Certes l'escalade de stratagème et quiproquos constitue le principal ressort d'un film dont l'esthétique terne s'accommode mal des nombreux effets – essentiellement des accélérés – qui le parsèment.
La relation mère-fils prend à la fin du film une nouvelle dimension, née d'une petite scène qui passe presque inaperçue et que l'on ne révèlera évidemment pas. Ce retournement, et la réflexion sur l'interprétation des images qu'Alex et son complice montent pour justifier, en de faux journaux télévisés, les éclats de réalité qui parviennent à la perception de la malade, permettent à Wolfgang Becker de dépasser le film nostalgique, tendance Amélie à Berlin, et de créer une émotion qui elle, n'est plus en toc.

Grégoire Dubost.