Le Mystère de la chambre jaune, de Bruno Podalydès
sortie le 11.06.03

Le roman feuilleton a beaucoup nourri le cinéma au début du siècle passé, puis, comme le genre littéraire lui-même tombait en désuétude, cette inspiration s'est également étiolée. Aujourd'hui, ce sont les films les plus importants, qui sont eux-même des feuilletons, et nous l'avons personnellement assez reproché à Matrix ou au Seigneur des Anneaux.

C'est dans ce cadre que Bruno Podalydès s'empare d'un roman qui a bercé notre jeune adolescence, le Mystère de la chambre jaune. Force est de constater que nous n'avons pas, dans son film, retrouvé nos émotions littéraires de jeunesse. Une partie de cette déception tient sans doute à la teneur de nos souvenirs embrouillés. La découverte d'une Mathilde Sangerson incarnée par Sabine Azéma a ainsi refroidi quelques fantasmes…

Mais le travail d'adaptation effectué par Podalydès, qui transporte l'enquête dans des années trente aux résonances Petit Vingtième accentue ce sentiment. Pour tenir ses spectateurs, il ajoute une dimension comique qui ne réussit pas à rendre l'exposition, puis la très longue conclusion plus digestes. Au contraire, le personnage du procureur, joué par Claude Rich, est insupportable de bout en bout, sans que l'on sache vraiment s'il s'agit d'un cabotinage grossier ou si ses répliques monotones ne lui laissent aucunes chances de s'exprimer. De même, Olivier Gourmet est un peu à l'étroit dans le personnage de Robert Darzac.

Peut-être que "le bon bout de la raison" aurait dû amener le réalisateur à plus se concentrer sur l'intrigue policière du roman, sans se laisser dissiper par la comédie ou les épisodes suivants des aventures de Rouletabille (Le Parfum de la Dame en Noir est abondamment cité, sans jamais que ce soit justifié). Le film reste pourtant , à l'image des machines du professeur Sangerson qui en occupent une trop longue partie, un objet inutile que l'on prend plaisir à regarder.

Grégoire Dubost.