24 Hour Party People, de Michael Winterbottom
sortie le 04.06.03

Sorti en France plus d'un an après une présentation événementielle à Cannes, la célébration par le cinéaste Winterbottom d'une glorieuse période de la musique populaire anglaise, ne parvient pas à dépasser le stade de l'aimable souvenir.
Replaçons nous dans le contexte, tel qu'il est présenté dans le film. En 1976, les Sex Pistols jouent pour la première fois à Manchester. Devant seulement 42 personnes, mais un parterre de choix, avec entre autres les futurs Buzzcocks, Warsaw (alias Joy Division), Simply Red (si, si !) et notre héros du jour, Tony Wilson, journaliste local rêvant de grandeur, et futur fondateur de Factory Records. Des négociations pour ouvrir la Factory, son premier club, à la décadence des Happy Mondays et la fermeture de l'Haçienda, terre natale de l'acid-house, en passant par l'épopée de Joy Division puis New Order, voilà ce que le film nous propose de revivre.

Mais qui d'entre nous a réellement vécu cette époque, autrement que par disques et magazines interposés ? Ceux-là ne seront pas aidé par le film, très avare d'images d'archive, qui évacue rapidement la tentation documentaire : les seules apparitions des véritables acteurs de l'époque sont des caméos, alors que leurs rôles sont interprétés par des comédiens, et le personnage de Tony Wilson ne cesse de prendre à parti le spectateur qui ne peut du coup croire à la valeur réelle de ce qu'il voit. En choisissant de "fictionnaliser" son matériau dont la valeur universelle reste à prouver, Winterbottom se place inconfortablement à la limoite de ce qu'attendaient les fans, tout en restant en dehors de ce qui peut intéresser le spectateur non initié.
Restent quelques archives (sonores) intéressantes, et l'interprétation de Sean Harris, Ian Curtis étonnant.

Grégoire Dubost.