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Il est plus facile pour
un chameau
, de Valeria Bruni-Tedeschi
sortie le 16.04.03 Federica est une jeune femme compliquée. Fille d'un industriel italien, elle est riche, très très riche, et en souffre. Ni son confesseur, qu'elle va voir comme elle convoquerait en urgence un psychanalyste, ni son compagnon fils de prolétaires ne parviennent à alléger sa culpabilité. Surtout que l'agonie de son père, en plus de menacer (positivement) son compte en banque, lui remémore ô combien elle était déjà, en ce temps là, la fille préférée C'est un objet bizarre que le premier film de Valeria Bruni-Tedeschi. Alors qu'il semblait s'orienter vers les tribulations métaphysiques d'une jeunesse parisienne et oisive - genre que d'aucun considèrent typique du jeune cinéma français, la réalisatrice n'a de cesse d'y faire se télescoper les différents temps du récit, entrecoupant son présent de fantasmes animés ou de souvenirs recomposés. Tour à tour attachants et agaçants, ces épisodes (plutôt qu'intermèdes) répondent à des séquences qui prennent de façon quasi-systématique le parti de la comédie et de l'incongru, avec d'ailleurs plus ou moins de bonheur : la trop longue séquence dans laquelle Pierre (Jean-Hugues Anglade, magnifique comme Chiara Mastroianni qui interprète la sur de Federica) chante l'Internationale au volant d'une luxueuse Jaguar échoue ainsi à bien nous présenter son personnage. Comme actrice, Valeria Bruni-Tedeschi est souvent dans l'entre deux, hésitant constamment à se pencher d'un côté ou de l'autre d'une personnalité, au risque d'y tomber. Lorsqu'elle vient présenter la pièce qu'elle a écrite à un metteur en scène, elle parle autant avec les mains qu'avec la bouche. Et plus encore avec les yeux. Parallèlement, elle parvient de façon convaincante à filmer ces entre-deux indicibles, comme le vide qui s'installe entre elle et son ancien amant, surgi littéralement dans le cadre quelques jours plus tôt, quand au restaurant, ne restent sur l'écran que leurs minces profils et une pauvre fleur au milieu.
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