Laisse tes mains sur mes hanches, de Chantal Lauby
sortie le 02.04.03

Tel une chanson d'Adamo à qui il emprunte d'ailleurs son titre, on tient là un film qui ne manque pas de nous émouvoir, malgré de vrais bouts de ringardise dedans.

Chantal Lauby était, est-il nécessaire de le rappeler, l'une des quatre Nuls qui firent les beau jours de Canal +, et son premier film souffre de cet héritage très télévisio-médiatique qui se manifeste par de seconds rôles très stéréotypés, des apparitions auto-parodiques, et quelques effets trop kitschouilles. Comme une gamine attirée par les lumières de la fête, Lauby veut tout essayer, monter sur chaque manège, surtout ceux qu'elle aimait quand elle était petite. Mais on est devenu trop grand, ou moins crédule. A l'étroit dans la cabine ou terrorisé par la vitesse, on n'y retrouve pas nos souvenirs. Nombre de références paraissent ainsi forcées, et certaines situations trop ouvertement comiques ne s'élèvent pas au dessus du niveau du sketch ou du faux spot publicitaire.

Reste le deuxième pan du film qui se proclame par affiches interposées relever "du cinéma romantique mais rigolo". Actrice devenue culte auprès des jeunes, Odile Rousselet vit assez mal sa cinquantaine, sans homme et bientôt sans sa fille qui va quitter le foyer. Situation que l'on imagine au moins partiellement autobiographique et qui permet à l'actrice-Lauby de se révéler dans un registre qu'on ne lui connaissait pas. Plus qu'à la recherche des hommes, c'est "entre filles" que se joue vraiment le film. Si sa fille Marie (Armelle Deutsch) est l'insupportable symbole d'une améliepoulinisation du film (et d'un certain cinéma français), les confidences entre copines (parmi lesquelles on retrouve d'ailleurs avec joie Claude Perron, trop rare à l'écran depuis le dernier film d'Anne-Marie Miéville), d'une vérité touchante, sont ce que l'on espère retenir du film.

Grégoire Dubost.