Historias minimas, de Carlos Sorin
sortie le 26.03.03

Sur la lande très minimale de Patagonie se déroulent trois toutes petites historiettes, aux formes de road movie frileux. Le peu d'épaisseur des personnages, de leurs convictions et de leurs objectifs détonne avec le néant grandiose qui les environne : il s'agit de livrer un gâteau, de passer dans un jeu télévisé minable, de retrouver un mauvais chien.

Le manque de relief de la narration et de la réalisation, ainsi que le peu d'ouvertures que se crée le film pour se transcender, génère une sensation de calme blanc : les péripéties minuscules ne parviennent que poussivement à donner une consistance au voyage de deux des principaux protagonistes.
Et puis, soudain, c'est la conclusion des trois parties.

Les raisons profondes des agissements de chacun, enfouies sous l'inanité des actes et des mots, sont élucidées au cours de scènes assez réussies, surtout en ce qui concerne l'odyssée du grand-père, pauvre hère déboussolé en quête de repentir.

C'est heureux que les dénouements viennent en général à la fin, car l'impression désastreuse des trois premiers quarts du film en est ainsi un peu estompée. On a tout de même du mal à se départir de l'impression que tout le film a été écrit pour sa fin.

Fabien Caroulle.