The Hours, de Stephen Daldry
sortie le 19.03.03

A une époque pas si lointaine fleurissaient les films à sketches, dont le principe était de réunir autour d'un thème commun plusieurs réalisateurs. Le résultat était rarement cohérent dans son ensemble, et l'occasion est rare de les revoir autrement que par les quelques extraits qui leur ont survécu. Les trois histoires du films de Stephen Daldry auraient peut-être pu constituer un médiocre film à sketches. Leur entrelacement outrancier et la volonté visible de "faire art et essai" en font un pudding prétentieux. Brouillant les trois époques en un magma que la musique omniprésente de Philip Glass alourdit passablement, Daldry nous dit et répète par de multiples transitions qui se répondent en écho que "bien qu'il y ait trois femmes différentes, attention il va leur arriver la même chose et tout cela ne fait qu'une grande œuvre."

L'épisode "biographique" sur la genèse de Mrs Dalloway est sans conteste celui qui s'avère le plus lourd à digérer. Nicole Kidman, dont on ne peut voir que l'imposante prothèse nasale tellement celle-ci paraît contre nature, réalise un festival de regards absents, mains tremblantes et doigts jaunis qui, faisant de l'écrivain une demeurée, méritait sans doute l'oscar qu'elle s'est vu attribuer. Les deux autres parties sont plus sobres, mais la représentation du suicide du poète joué par Ed Harris, qui fait écho à celui de Virginia Woolfe (que l'on aura le plaisir de voir à deux reprises). Enfin, si Julianne Moore relève un peu le niveau, la comparaison avec son rôle, fort proche, dans Far From Heaven, nous conduise à vous recommander de retourner plutôt voir se dernier film.

Grégoire Dubost.