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Les Lois de l'attraction
(The Rules Of Attraction), de Roger Avary
sortie le 12.03.03 Autant que les choses soient claires : la littérature ultra branchée de Brett Easton Ellis prend chez moi le chemin exactement inverse de celui de la cocaïne chez ses personnages. Autant dire qu'elle me sort par les trous de nez. Malgré plusieurs tentatives, ni l'ultra violence de American Psycho, ni la frénésie de références et de name-dropping de Glamorama n'ont réussi à maintenir mon attention plus de quelques pages. Roger Avary aussi est quelqu'un de branché.
Ou l'était en tous cas après la sortie de son premier film
Killing Zoé et ses collaborations aux scénarios des
deux premiers films cultes de Tarantino. Mais comme les expériences
cinématographiques et littéraires sont deux choses bien
distinctes, merci de ne voir dans cette constatation aucun rapport avec
le premier paragraphe. On devine aisément qu'Avary a essayé de trouver des moyens originaux de retranscrire le flou que les points de vues multiples créaient dans le roman. Les trois voix off distinctes, les split-screens qui laissent pénétrer l'imaginaire sur l'écran, sont ainsi à mettre au crédit du réalisateur, même si tous ces effets réussissent différemment. Malheureusement, si l'aspect "pari" est globalement satisfaisant, il reste dans le portrait de cette jeunesse qui (pour paraphraser une discussion des Cinéphiles de Skorecki) baise plus souvent ensemble qu'elle ne mange ensemble - et les deux seules scènes de repas n'ont d'ailleurs pas lieu - de nombreux aspects qui ne nous convainquent pas. Outre notre réticence au style très (mettre les paires que guillemets nécessaires) indépendant américain dans le montage et les plans choisis, on s'interroge également sur une bande originale qui ressemble plus à une compilation hétéroclite qu'à ce qu'une lecture, même parcellaire, de B.E.E. qui use et abuse des références musicales nous avait fait attendre. |