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La 25ème heure
(25th Hour), de Spike Lee
Sortie le 12.03.03
Musique grandiloquente, deux trouées de lumière
dans les nuées new-yorkaises, le générique que l'on
n'hésiterait pas d'ordinaire à qualifier de pompier situe
immédiatement le nouveau film de Spike Lee dans le sillage des
attentats du 11 septembre 2001 et du vide qu'ils ont laissé à
New-York. Le vide que s'apprête à rejoindre Monty.
Dealer probablement balancé, coincé et condamné à
sept ans de prison, il vit devant nous sa dernière journée
d'homme libre. Si l'on s'étonne devant ce système judiciaire,
on lui reconnaît une puissance fictionnelle qui est, du moins en
partie, reprise à son compte par le film. Car 24 heures, c'est
peu pour à la fois démêler sa propre histoire et aplanir
ses relations. Amour, amitiés, famille, business ; il faut tout
y caser, au risque que cela s'entrechoque. A l'image du montage toujours
hyper stylisé de Spike Lee qui n'aide pas à faire passer
la pilule de ces intrigues secondaires (l'histoire du prof frustré,
la présentation du trader génial), ou de la terrible séquence
allégorique. Dans cette dernière, le personnage d'Edward
Norton se confronte à son reflet qui se lance dans une diatribe
violente contre toutes les minorités abhorrées qui compose
cette ville qu'il va quitter pour longtemps.
Difficile de ne pas y déceler quelques traits du réalisateur
même dont les prises de position passées n'ont pas toujours
été exemptes de reproches. Pourtant, pour ces minorités
comme pour les personnages principaux, il s'agit de continuer à
vivre, de passer le cap. Le cap de l'aube et du départ pour la
prison, comme celui qu'a représenté le 11 septembre, constamment
remis dans le champ par les drapeaux, les photos de commémorations,
les travaux de déblaiement, et qui n'a été surmonté
que parce que le repli identitaire a été oublié devant
un événement supérieur. Spike Lee réalise
donc un film de remise en question, presque coupable. Pourrait-il, comme
son personnage, effectuer quelques années de pénitence,
et on serait enclin à réévaluer son cas.
Grégoire
Dubost.
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