8 Mile, de Curtis Hanson
sortie le 26.02.03.03

Pour son entrée en cinéma, Eminem dispose d'un véhicule bien plus performant que ceux déjà utilisés pas Britney (Crossroads) ou Mariah Carey (Glitter). Pourtant, dans le film, lui et sa bande de potes ne cesse de s'entasser à cinq ou six dans une vieille Pontiac qui refuse une fois sur deux de démarrer - ce qui est d'autant plus cruel que l'on se situe à Detroit, "Motor City", et que Rabbit (Eminem) passe sa journée à emboutir des plaques de tôle.
De jour, l'usine, la glande et la misère. De nuit, les battles. Joutes verbales institutionnalisées au cours desquelles s'affronte très violemment la jeunesse rapeuse de la ville. On est plongé dès la première séquence dans son rituel, celui de la préparation solitaire - et l'analogie de la boxe de nous lâchera plus. Le scénario ne présente aucune surprise : d'abord humilié, le héros réunit suffisamment de force et de confiance en soi pour enfin triompher.
Ce qui nous retient pourtant au film, c'est que Curtis Hanson choisit de se placer dans une certaine sobriété, à l'écart des films de gangs à la Spike Lee et consorts. La violence canalisée par les battles ne contamine que peu les autres domaines, et elle y reste alors soumise à des règles (l'incident avec le flingue Cheddar). Dommage que les personnages secondaires, très stéréotypés, décrédibilisent le propos d'ensemble.

Grégoire Dubost.