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Solaris, de Steven Soderbergh
sortie le 19.02.03 Troisième film signé du jeune trublion doué d'Hollywood en moins d'un an, Solaris (adapté du roman qui inspira déjà Tarkovski) est selon les dires même de son réalisateur le second projet "risqué" qu'il enchaîne, après l'imbitable Full Frontal. Les noms de George Clooney et James Cameron réussissent pourtant à drainer les foules et il nous faudra nous y reprendre à trois fois pour entrer dans une salle. Le début du film confirme ces intentions. Il procède d'une intéressante esthétique du néant, celui de la vie du psychiatre Chris Kelvin depuis que sa femme a disparu (nul ne l'ignore, même si le film ne le déclare que tardivement). Il assiste à des réunions des Endeuillés Anonymes (qui semblent faire écho au 11 septembre et à son souvenir institutionnalisé) et se coupe - maladroitement - un concombre solitaire pour dîner. Il part en mission pour une station orbitale autour de la planète Solaris, dans laquelle les membres d'équipage font face à de mystérieuses difficultés. Le tournant du film est annoncé par le ciel de la planète Solaris, aurore boréale puissance mille parsemée d'arcs électriques cataleptiques, issu d'une représentation new-age du plus mauvais effet. Puis, prévisiblement, le sauveur en vient à souffrir des mêmes symptômes que ses patients, révélant alors une insondable faiblesse de caractère qui permet au film de se prolonger sur trois ou quatre niveaux de réalités superposés comme les passerelles de la station. Est-on dans le futur, un rêve, un souvenir ? Pourquoi les écrans de la navette montrent-ils toujours la même arborescence qui grandit, en boucle ? Pourquoi s'ennuie-t-on autant ? |