Petites Coupures, de Pascal Bonitzer
sortie le 12.02.03

Moins prisonnier de son idéologie marxiste que de son esprit romanesque aussi priapique que ridicule, Bruno Beckmann a la passion des histoires tordues et perdues d'avance. Débordant d'une activité stérile et malgré les coups bas reçus et les piètres résultats obtenus, il enchaîne de plus en plus rapidement les historiettes, au gré des hasards et des jolis minois. Ces feux de paille sentimentaux sont à l'origine d'un emballement du film assez peu maîtrisé : alors que l'exposition des personnages s'installe de façon plutôt amène dans la première partie, l'embrouillamini soudain des différentes lignes de narration jette le héros dans un magma événementiel porté à la boursouflure, jusqu'à l'écrasement abrupt, et comme bâclé, de l'écran de fin.
Si les réminiscences thématiques provenant de l'excellent Rien sur Robert sont nombreuses (la mauvaise passe, la foucade amoureuse, l'immersion d'un intellectuel dans un milieu bourgeois et hostile), Petites Coupures pèche par excès de dilettantisme : il manque certainement une intrigue centrale solide pour lier ensemble cet écheveau de saynètes anecdotiques, au demeurant individuellement réussies. Il manque aussi d'un personnage monolithique qui le soit vraiment, et non une girouette versatile qui virevolte selon l'humeur de personnages secondaires évanescents.

Fabien Caroulle.