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The Magdalene Sisters,
de Peter Mullan
sortie le 05.02.03 En choisissant comme cadre pour son film celui d'un couvent dédié à Sainte Marie-Madeleine, l'un de ces reliquats intégristes qui perdurèrent longtemps dans une Irlande très catholique, Peter Mullan s'empare d'un sujet fort qui remportera a coup sûr l'adhésion du public - l'Eglise exceptée. Au début des années 60 (1960, la précision n'est pas totalement inutile), trois jeunes "pécheresses" (par viol, naissance hors mariage ou simple drague) sont placées d'autorité dans l'un de ces établissements dignes d'un bagne, où le credo est "le travail jusqu'à l'épuisement" en quête d'une éventuelle rédemption. Celle-ci apparaissant aussi illusoire que le pardon familial, il s'agit de perpétuité. Affranchie de ce lourd contexte émotionnel, principal moteur de l'accueil du film aussi bien à Venise (Lion d'Or) qu'au Vatican, cette version "prison de femmes" de La Religieuse (Rivette d'après Diderot) s'avère plutôt décevante. Les trois consurs d'infortune - Margaret, Rose (rebaptisée Patricia en brimade originelle) et Bernadette - que l'on suit de la genèse à la conclusion de leur martyre sont pourtant brillamment interprétées, mais leur présentation délaisse la profondeur d'un personnage pour une victimisation un peu monolithique. De plus, la photographie à la fois terne et mouvementée, ne réussit pas à évoquer en même temps renoncement et colère rentrée. Acteur chez Ken Loach, Peter Mullan cède donc aux mêmes sirènes. Pour eux, une cause justifie tout les moyens (dernier plan sur Crispina, baveuse et décérébrée) et permet d'oublier un peu la puissance de la mise en scène (une scène de rasage de tête apparaît ainsi bien fade face à son homologue de La Vie Nouvelle, de Philippe Grandrieux). S'il n'est pas mortel, c'est à nos yeux un péché. |