CQ, de Roman Coppola
sortie le 29.01.03

Le projet de Roman Coppola (fils de, frère de) présente un fort potentiel de sympathie. Pensez donc : rendre hommage à la série B des années 60, lorsque l'avenir de la planète bleue ne tenait souvent qu'aux prouesses de quelque sculpturale héroïne et aux fils de nylons qui maintenaient en l'air la maquette de son vaisseau.
Plus que des films eux-même; c'est d'ailleurs de l'ingéniosoté de ceux qui les faisaient qu'il est ici question. Le jeune Paul Ballard est monteur sur une production italienne tournée à Paris en anglais, Agent Code Name Dragonfly. Le producteur finira par exiger de lui qu'il remplace les différents réalisateurs successivement débarqués, et le voila contraint de mener de front cette commande et son projet personnel, introspecto-narcissique.
C'est par la critique de la vacuité prétentieuse de l'oeuvre que CQ commence à pécher. L'admiration que Coppola porte au cinéma qu'il montre doit-il le mener à mépriser toute forme moins ludique ? et l'obliger à rendre la reconstitution de son Paris 1969 aussi fausse que ses paysages lunaires enneigés ? Pourquoi rendre caricaturaux tous les personnages, surtout les français (Depardieu, Bouchez, ridicules avec leurs accents) ?
Le résultat est donc un hommage très potache, qui recèle de jolis tours visuels mais manque de personnalité - au point de faire copier à Mellow la french-touch musicale (signée Air) qui avait tant réussi aux Virgin Suicides de sa soeur Sofia.