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L.I.E. Long Island Expressway,
de Michael Cuesta
sortie le 15.01.03 Loin au dessus d'une voie express, un adolescent brave les voitures, debout sur une rambarde. Sa mère est morte, non loin de là, dans un passé encore vivace. Pour lui tout du moins, puisque son père, absorbé par son entreprise de construction et la bimbo qu'il n'honore que vêtu de son casque de chantier, ne remarque pas qu'Howie est à la dérive. Plutôt que d'aller à l'école, il préfère traîner avec ses potes, menés par l'intriguant (et très piercé) Gary, et cambrioler quelques belles maisons. Ce monde de délinquants
juvéniles ressemble de près à celui qu'affectionne
Larry Clark. Mais Howie, un peu plus innocent que ses compagnons sans
doute, pourrait être échappé du Gummo de Harmony
Korine auquel le premier plan nous rattache. Il est incapable de voir
que son amitié pour la personne de Gary est d'autant plus trouble
que pour celui-ci, la rapine n'est pas la seule source de revenu, mais
qu'il se prostitue aussi le long de cette même voie express. Exposé ainsi, le film fait craindre le pire. Heureusement le parallèle avec Larry Clark s'arrête suffisamment tôt pour que l'aspect glauque et sexuel n'envahisse pas l'écran. Si Howie trouve en Big John un père de substitution qui lui permet également de poursuivre ses questionnements identitaires, ce dernier n'est pas présenté comme un monstre, mais bien comme un a(i)mant. Michael Cuesta, ancien publicitaire, évite ainsi les plus gros pièges liés à son scénario mais place résolument son film dans le registre du cinéma indépendant américain, multipliant par exemple les effets de couleurs et de vitesses pour le seul plaisir de les voir et sans qu'ils soient justifiés par sa narration. On évitera donc de crier au chef d'uvre, tout en se réjouissant qu'un tel sujet puisse être traité aujourd'hui outre-atlantique. |