Brocéliande, de Doug Headline
sortie le 08.01.03

Nul doute que c'est pour de mauvaises raisons que l'on a décidé de voir ce film, comme animé d'une envie de pèlerinage mêlé de profanation. Doug Headline est l'ancien pseudonyme de l'immense Jean-Patrick Manchette, repris depuis par son fils que l'on dit membre de la bande de Christophe Gans. Les rapports du père au septième art étaient passionnels. Lui l'adorait - on ne se lassera jamais de ses chroniques (Les Yeux de la Momie, publiées en recueil chez Rivages) - mais ce dernier le lui rendait mal, l'adaptation de ses romans tout comme les scénarios qu'il signait n'ayant pas laissé de trace indélébile. D'une autre génération, Headline Jr. cite moins Mankiewicz et semble nourri au cinéma aux hormones, que celui-ci vienne de l'Orient ou des caves de l'Amérique.
Brocéliande est donc un descendant de Scream, mâtiné de légendes druidiques et de baston (non, pas de lutte celtique). Chloé, nouvelle venue sur le campus d'archéologie, rencontre la jolie Léa, l'intriguant Erwann (tous les deux de sympathiques rescapés de la Bande du Drugstore) et une créature aussi griffue qu'assassine. Comme le chantier de fouilles dans la forêt; le cadre du thriller horrifique est tellement balisé qu'il est difficile de s'y perdre, et Headline tire globalement sa fibule du jeu. Malheureusement, on sent que ne l'intéresse vraiment que les scènes d'action ou celles dans lesquelles apparaît la créature bizarrement myope (comme dans le Pacte des Loups, le méchant monstre voit toujours flou sur les côtés, et souvent par à-coups… seraient-elles de la même race ?). Dispensable.

Grégoire Dubost.