Jeudi 15 mai, premier jour (J-1)

La revue de presse du matin est annoncée mitigée, mais elle est assez unanime. Fanfan la Tulipe est un honteux navet qui ne doit sans doute sa place qu'a de sombres conflits d'intérêt dont on préfère finalement ne pas connaître la teneur. Seule Isabelle Giordano, chez Stéphane Bern à midi, affirme qu'elle ne l'a pas vu, mais que la critique, quand même, on sait bien que ils font rien qu'à dire des méchancetés, et gratuitement en plus. Premier pétard mouillé du festival ?

De toute façon, encore à Paris, l'effervescence est toute autre : peu ou pas de métro, les bus bondés…. Il faut vraiment se forcer pour anticiper la semaine prochaine. Laissons les derniers préparatifs pour demain, mais faute de Ruiz (avec lui, c'est souvent un sur deux, mais je ne parviens plus à me rappeler si le dernier était raté ou pas. Si c'est bien celui avec la Marianne qui accapare de sa feinte extravagance les murs des stations de métro depuis des mois maintenant - finalement, je ne l'aurais pas vue de ces trois derniers jours, toujours çà de gagné - on espère une bonne cuvée pour Ce jour là.), faute de Ruiz donc, allons nous aussi compatir devant ce Fanfan la Tulipe bessonisé.

Le ton est donné d'entrée : c'est une énorme mascarade, sur le thème "je-revisite-l'histoire-du-haut-de-mon-vingtième-siècle". Bref, tout le monde était crétin en ce temps là, mais quand même, les étrangers vachement plus que nous, na na nère. Monsieur Perez a la prose récitative et le sourire de cheval (est-ce cela qui les fait craquer, ou bien ce qui va avec ?), Penelope un doux accent souligné par la guitare flamenco. Côté contenu, çà pourrait aussi bien s'appeler Yamakasi contre les trois Mousquetaires. Est-ce que les fauteuils claquent autant lors de la cérémonie d'ouverture que devant un Sokourov moyen ?

Au retour, pas besoin de montrer patte blanche dans le bus, juste de jouer des épaules (bon entraînement, çà). Mais après 350 mètres en cinq minutes en équilibre sur une jambe, on abandonne, bien décidé à vous faire parvenir au plus tôt ce premier billet.

Grégoire Dubost.

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