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20 septembre 2002 L'air de
rien, un des derniers rituels de la séance de cinéma vient
de voler en éclats. Nous nous étions habitués, depuis
des années, à un enchaînement qui nous paraissait
quasiment immuable. D'abord les bandes annonces, tels des apéritifs
présageant du plaisir que nous prendrons plus tard, dans cette
même obscurité, à voir ces films présentés
(ou d'autres). Puis les lumières se rallumant à demi, les
publicités que l'on subit passivement, essayant tant bien que mal
de finir ce chapitre interrompu peu avant, ou discutant plus ou moins
intimement avec sa voisine. Jusqu'à ce que la salle se rallume
pleins feux, surprenant les amants impétueux ou signifiant au lecteur
à la fois un meilleur confort et un répit de courte durée. Tout cela, c'était
avant. Si certains signaux avant-coureurs auraient dû nous mettre
la puce à l'oreille (comme ce débordement de la bande annonce
sur l'espace publicitaire par l'intermédiaire des teasers), autant
avouer que l'on n'y était pas préparés. Reprenons
notre chronologie. PS : le film en question s'intitule Red
Dragon et devrait selon toute vraisemblance envahir le métro
dans les prochains jours. |