I am Sam (music from and inspired by the motion picture)

Qui, hormis les fan inconditionnels des acteurs principaux (Sean Penn et Michelle Pfeiffer) est au courant de la sortie prochaine de I am Sam, troisième long-métrage de Jessie Nelson, prévu sur nos écrans le 24 avril après une sortie fin décembre aux Etats-Unis ? Probablement pas vous, puisqu'aucune bande-annonce n'a pour le moment été diffusée.
A moins que vous n'aimiez à fouiner les bacs des disquaires. Car la bande originale du film, ou plutôt l'album l'accompagnant (music from and inspired by) est sorti depuis près de deux mois déjà. Sans campagne de publicité non plus, mais avec une rumeur relayée par les journalistes musicaux : cette B.O. n'est composée que de chansons des Beatles. Là, on se pince. Mais comment ont-ils fait ? Deux stars au générique, et suffisamment de budget pour acheter les droits des Beatles ? Impossible !
Effectivement, puisqu'il s'agit en réalité de 19 reprises, essentiellement de grands succès des Fab' Four, interprétés avec plus ou moins de bonheur par une fourchette d'artistes. On reconnaît pêle-mêle ceux qui feront vendre (Sheryl Crow, Ben Harper), ceux qui n'enregistrent plus que pour des bandes originales ou presque (Aimee Mann, Paul Westerberg) mais aussi quelques auteurs-compositeurs dont la présence ici surprendra un peu plus : Nick Cave en solo et au piano pour Let it Be, Grandaddy et surtout Rufus Wainwright, qui après la reprise du Hallelujah de Leonard Cohen dans Shrek nous prouve si besoin était sa maîtrise de la cover, avec une version de Across the Universe dans laquelle sa voix grave fait des merveilles.
Il est vrai que le film fait sans doute une bonne opération en ne mettant pas en avant son scénario qui pourra paraître un peu gnan-gnan : Sam, fan des Beatles, est un peu retardé (âge mental évalué à sept ans) et combat, avec l'aide d'une belle avocate, l'incompréhensible administration qui persiste à vouloir lui enlever la garde de Lucy Diamond, sa fille, car cette dernière, en grandissant risque de prendre petit à petit le rôle de grande sœur, voire de mère.
L'utilisation des titres dans le film est-elle plus qu'un gadget marketing ? Le choix des covers a-t-il été laissé aux artistes, ou bien le scénario le commandait-il d'une manière ou d'une autre ? Toutes questions que le disque, ni fantastique, ni décevant, nous incite à aller vérifier sur les écrans.

Grégoire.