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Ali, de Michael Mann
Le biopic est un objet étrange.
On se demande ce qui peut pousser les réalisateurs à vouloir
se transformer comme c'est souvent le cas en hagiographes myopes.
La dernière sensation aux Etats-Unis, c'est le revival de Muhammad
Ali, via Will Smith. Autant l'avouer, on avait a priori assez peur en
imaginant la star RnB transmuée en icône à biceps.
Physiquement, ca tient plutôt la route, l'animal arborant moults
pectoraux à faire frémir les midinettes. Le problème
est ailleurs, à chercher dans le ton, l'esthétique, la musique.
Vous imaginez Cassius Clay dansant avec une douzaine d'afro-américaines
(jusqu'ici tout va bien) sur Fatboy Slim ? L'entendre parler avec la diction
urbaine d'aujourd'hui ?
Le paradoxe est d'autant plus marquant que le souvenir du fantastique
documentaire de Leon Gast (When We Were Kings sur le match de championnat
du monde poids lourd Ali-George Foreman à Kinshasa) est vivace,
chez nous comme chez Michael Mann, semble-t-il : plusieurs plans inclus
dans la bande-annonce apparaissent comme des décalques de plans
tournés par Gast, mais totalement dénaturés et recomposés
pour le goût de l'époque.
Le film de Mann apparaît comme la réactualisation du mythe
de Clay/Ali. Mais, au souvenir des images des Jeux Olympiques d'Atlanta,
on doute de la nécessité de redresser un personnage toujours
aussi fièrement debout.
Grégoire.
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